lundi 14 mai 2018

À paraître !








À paraître - et en souscription / prévente, aux Éditions le Bréchet , mon livre : les Thèses Inconnues .






Pour en savoir plus :


editionslebrechet.blogspot.com






( d'autres parutions, en revue, se dessinent )

lundi 27 novembre 2017

Ici, jour d'une moitié de vie




Ici, jour d'une moitié de vie:
et ainsi: que sait-on d'un chemin
parcouru, passé, allé, et
qui, de chaque pas en pas,
enjambée en enjambée —
ah ! si ce n'est encore ces étranges beaux
pays que l'oeil voit oreille entend.
Mais que personne n'a vu,
sauf une branche dans le vent.
Et toutes ces guerres,
et les abysses amers des émotions de l'histoire;
et à mon pouls persiste une veine à
faire chanter les ablettes à poursuivre leurs chemins
à elles dans une rivière.

Il est vrai que selon toute apparence,
je n'ai rien appris: voyez, voyez !
moi - ce jouet bariolé des désirs de
qui passe: non, non : rien n'est calme ici,
ni semblable à une humble montagne,
sans pareil à une clairière étendue,
une lande manoeuvrée sans pensée.
Rien ici n'est neuf, semble-t-il,
mais encore les mêmes voilures et
fumées aux cheminées par-dessus les bardeaux,
encore, encore !: ainsi l'air troublé par la chaleur
pour moitié cache l'objet
et pour moitié captive le regard.

Mais dit-on, l'apparence est trompeuse.
Ainsi jamais pourtant je n'ai été ici.
Mais jamais non plus ai-je été ailleurs ?
Je me souviens de meules de solitudes,
criantes de soleil et lézardées de serpents.
Et voilà que je tremble de mes membres:
j'ai toujours rêvé d'ailleurs, et
parfois, de là en qui sait, j'ai senti...

Qui persiste ici à couper la durée,
s'évertue à faire expérience de l'oiseau,
lui ­-, plaisir et souffrance, lui - silence
et chant du chevreau nouveau-né,
lui - à dire : innocence, culpabilité ?
Quelle misère ! dire que j'habite encore mes désirs !
qui, en premier, a fait de la vie
une orange à trancher ?
Et aucun dieu ne nous pardonnera
de naviguer d'une certitude à l'autre,
car si oui n'est que pas non,
alors moi je suis quoi.
Ici, ce n'est que: à la demi du temps et d'ensuite
où ce sourire danse et recule lorsqu'on
souhaite le peser. Les poètes sont menteurs.
Harnachés d'une montagne ils suent pour le sommet.
Ah quand ! Ah jamais !
mon comprendre s'efface en son objet.
Souvenirs gazouillent sans passé
accrochés au rayon d'un papillon, là.

John Lord F. Cedock se trémousse avec un jeune chiot.



vendredi 25 août 2017

&

&


la peur rustique de la plante
de ne pas croître
quand l'ange siffle
depuis le lieu des fleurs

je la connais maintenant:
tu dis " je t'aime ":
la plupart des serpents
de l'oreille

élèvent l'anthère
entre tes lèvres:
me voici l 'autre de la langue;

l'abeille plus noire encore
plus lourde -- elle tombe,
au coeur du monde.


&


La fête où l'on ne se gâte pas.
Rossignolet perle, rossignolet tendre.
La blanche aigrette, aux longues pattes,
La blanche aigrette, annelée d'onde.

Entre les pleurs d'un saule,
S'en est nichée, givre blanche, vert pâle.
Tiens, retiens ton souffle, le sperme:
Une boule de gui, c'est vrai, dans le chêne.

Maol, Bloc, Bluicne. Bluicne, Bloc, Maol.
Maol, Bloc, Bluicne. Bluicne, Bloc, Maol.
Fais, défais ton choix, le sperme:
Femme Xhuxha'ï, homme tu seras.

A l'Etre des Bonnes Mères Maquerelles.
On dit, écoutez ! les Xhuxha'ï ont disparu.


&


ce que
parfois
tu parvins
à entendre:

la pluie
comme l'abeille
dans ce poème
dont nous parlions

tombe, elle tombe
en ronde
et l'ange -- ansé,

voilé de pluie
parmi les fleurs -- l'ange 
pâlit.


&


Pour avoir voulu s'ensemencer
De boulettes de sang d'elles-même et cendre écrite.
Une Xhuxha'ï La Belle a tatoué
L'oeil de sa La Bête de son sang, de sa vulve.

Au Feu, aux Sages, au Fer, au Rien, aux Vents !
Elle fit de chaque moulin une putain.
Si la chanson s'arrête là, 
C'est qu'elle est terminée.

Au rossignol, rossignolet, 
A blache aigrette, annelée d'onde.
Tiens, retiens ton souffle, le sperme:

Une boule de gui, c'est vrai, dans le chêne.
Entre les pleurs d'un saule
S'en est nichée, blanche givre ...









samedi 12 août 2017

le conte de l'oiseau simple











Tant de doubles se joignent dans cette murmuration en attente,
lorsque l'arbre adulte s'embrase sous la peau,
d'un coup, de toutes ses feuilles closes; closes.

Je sais bien qu'il existe un oiseau
quelque part, clopinant devant son ombre sur son chemin d'air.
Je sais bien qu'il emporte au Palais d'Or un morceau de charbon, un rameau de bruyère; incandescent.
Je sais qu'il chante avec une voix humaine, une voix de femme; forte.
Je sais qu'il conte, sans fin pour ne pas oublier,
jusqu'aux grilles du Palais; l'air clair, les chemins gris, la source vive !
Il conte le conte des humains, bien-sûr !
qui vivent entre landes et vallées, contre pierre et contre vent; souffle !
Un jour, ils croisent l'ankou, sous un bois ou au carrefour,
eh bien l'ankou, c'est l'ankou, bien peu à rire: où veut l'ankou, c'est là qu'ils se croisent.

A cet endroit de son chant,
je le crois, qu'il a peur, l'oiseau !

Je me tais, car deux ne peuvent chanter un, sans que l'un d'eux n'oublie.
S'il chante, chante encore à forte voix, je crois qu'au Palais d'Or il livrera son chant.
Il le faut !
Chuuut !





mardi 20 juin 2017

Tentative de jalousie - Marina Tvétaéva.


Tentative de jalousie

Comment ça va la vie avec une autre,
plus simple, n'est-ce pas ? _ Rames, claquez ! _
S'est-il vite, le profil de la côte,
Le souvenir, s'est-il vite masqué.

De moi, de moi, île désamarrée ?
(Voguant de par le ciel, non sur les flots !)
Ames ! Jamais amantes ne serez !
Soeurs vous serez ! Soeurs : vous ! C'est votre lot !

Comment ça va la vie près d'une femme
Simple ? C'est comment sans divinités ?
Votre souveraine, prince profane,
Détrônates (ledit trône quitté),

Comment ça va la vie, les froissis d'ailes,
Les tracas ? Le lever, comment se passe ?
Pauvre créditaire de l'immortelle
Médiocrité, comment faites-vous face ?

"Tressauts et syncopes, stop ! Je suis quitte !
Un toit me louerai ! Suffit, le déluge !"
Comment ça va avec n'importe qui,
Dites, comment, quand on est mon élu ?

Pour sûr plus comestible, domestique,
La table ? Qu'on s'en lasse, faute à qui ?
Comment ça va la vie près d'un pastiche
Pour vous qui trahîtes le Sinaï ?

Comment ça va "vivre", comment va-t-elle
La force d'être ? Et de chanter, la force ?
Pauvret, la blessure de l'immortelle
Conscience, comment y faites-vous face ?

Comment ça va la vie près d'un produit
De pacotille ? Un peu abrupt, le prix ?
Les marbres de Carrare reconduits,
Comment ça va la vie près d'un débris

De plâtre. (Taillé dans la masse même,
_ Dieu, sa tête : presque aussitôt détruite !)
Comment ça va avec la cent-millième,
Dites, pour vous qui connûtes Lilith !

L'or de pacotille vous intéresse
Encore ? Las des grâces magiciennes,
Comment ça va auprès d'une terrestre,
C'est comment une femme sans sixième

Sens ? Bon, la tête entre deux mains : heureux ?
Non ? Des fonds sans profondeur étant l'hôte,
Comment ça va, l'ami ? Plus douloureux,
Moins douloureux que pour moi près d'un autre ?"

19 novembre 1924
Marina Tsvetaeva - "Tentative de jalousie" extrait de "Le ciel brûle, suivi de Tentative de jalousie" - Edition Poèsie Gallimard - Traduction de Pierre Léon et d'Eve Mallaret.

vendredi 26 mai 2017

Oh je le dis en franchise






Oh je le dis en franchise
Si je pouvais dépouiller de mon art
Toute forme et de moi les éphémériques figures
Pour exposer face à ta confiance meurtrie

Le visage sans fard de mon être
Je le ferais sans hésiter au temps
Battu pour t'assurer / mais de quoi / d'être
Mais qui o Solitude au même instant à la fois parlerait

Se tairait et se tiendrait contre toi à distance de tiers
Quand sur lui tu te cries ( manquant l'affublation du nu )
Qui pourrait d'un côté arracher les trop-miroitements du verbe
De l'autre panser l'être aux plaies-vives

Par la thériaque des bonnes figures ensongées
Puisque seules les formes se lient, dansent et sens à la pierre.



.
.


( janvier 2017 - extrait de "sonnets prolétaires" )

mardi 23 mai 2017

extrait de "sonnets prolétariens", en atelier..

Quel fils de femme aime souffrir ni moi qui fils de femme suis aussi
Nul si ce n'est qu'en la caresse qu'il s'accorde au visage de cette souffrance qui depuis longtemps
Lui sourit et qu'il contient entre ses mains en coupe sans plaisir mais sans crainte
Et qu'il boit aux lèvres comme un poison non aimé, non ! mais bien voulu
Comme un médicament dont l'amertume aux bienfaits affadis ne soigne plus mais assez passablement encore
Camouffle d'autres face plus hâves grimaces rictus défigures tout-près tapies aux frontières de tes yeux
Ou bien comme presse l'eau dessous la terre vers la lumière elle
En prend la substance sans en prendre le poids
Ou comme l'éclair chemine dedans les bouches des nuages avant d'offrir en semence alanguie leur épaisse puissance
Moi aussi amant véridique non pas patiente mais bien ai désiré traverser avec toi corps à corps toute peine tout chagrin
Jusqu' émerger avec toi joue à joue au vaste au large au partage qui vient
Où esperer flue et reflue maintenant
Donc tu vois c'est bien la joie que de mes mots en acte d'un seul bond d'amour vrai
Je t'ai dis voir et vois encore veiller pousser naître aller et voguer ou pâtir.
***
Clair caillebotis
entre deux seuils
que je n'ai pas
écrit. un Fou assis
sur le côté
au commencement.
après à gauche
ocres et verts
tremblements: l'étang.
et un serpent
et un entrelacés -
le caducée. un,
deux, un rêve l'autre
et un l'ignore.

***

Baiser à soi-même
de l'ange, qui rampe
et ne se saisit pas.
mais le Fou de l'orée
toujours me surprit à penser
et la honte me prit.
d'un bien, d'un mal entrelacés
un rêve l'autre et un l'ignore.
Que donc ce dire en croisse
avec son ombre:
du bon par toi
à moi venu
le bon est sans mesure
le reste est pour l'histoire.